Un consortium d’instituts de recherche luxembourgeois étudiant la population nationale a cherché à identifier les facteurs susceptibles de contribuer aux variations de la gravité du COVID-19 et de ses symptômes associés. Dans leur étude la plus récente, les équipes ont pu montrer que les personnes qui étaient plus actives physiquement avant l’infection présentaient non seulement une maladie moins grave, mais étaient également moins susceptibles de présenter des symptômes tels que fatigue, toux sèche et douleurs thoraciques.
L’infection au COVID-19 se manifeste par un large éventail de symptômes, dont le type et l’intensité varient et qui, par conséquent, entraînent des résultats très différents pour les patients touchés. Le risque de formes plus sévères de Covid-19 augmente avec l’âge. Cependant, on sait peu de choses actuellement sur les autres caractéristiques cliniques et biologiques qui conduisent aux disparités observées dans la gravité de la maladie et le pronostic. Dans ce contexte, 2020 a vu le lancement du projet « Predi-COVID » dont l’objectif est de définir quels profils de patients peuvent être associés à un pronostic plus sévère.
L’étude « Predi-COVID » est menée par le LIH et un consortium d’institutions de recherche luxembourgeoises, dont Integrated Biobank of Luxembourg (IBBL), le Laboratoire National de Santé (LNS), l’Université du Luxembourg, le Luxembourg Centre for Systems Biomedicine ( LCSB) et le Centre Hospitalier de Luxembourg (CHL). Dans l’ensemble, ce projet unique a fourni des résultats importants qui contribuent à améliorer la compréhension et la gestion de l’éclosion, tout en menant également à des améliorations dans les soins aux patients.
Dans sa publication la plus récente, le consortium a étudié l’association entre l’activité physique (PA) avant l’infection et la gravité du COVID-19. Cela comprenait un examen du lien entre l’AP et douze symptômes secondaires, avec des exemples courants tels que la toux sèche, la fièvre, la perte de goût et d’odorat et la fatigue, ainsi que certains symptômes moins connus comme les douleurs thoraciques, la confusion et les chutes.
« Bien qu’il ait été démontré que l’AP diminue le risque de résultats cliniques graves liés au COVID-19 (par exemple, hospitalisation ou décès), il existe encore peu d’informations sur l’impact de l’AP sur la gravité du COVID-19 chez les patients atteints d’une maladie moins grave et sur le risque de développer des symptômes spécifiques » explique le Dr Laurent Malisoux, responsable du groupe de recherche Activité physique, sport et santé du LIH, qui a dirigé l’étude.
L’analyse a été menée sur 452 volontaires âgés de 31 à 51 ans, qui avaient déclaré leur activité physique de l’année précédant leur infection à l’aide d’un questionnaire. Cela comprenait des activités telles que la marche, le jardinage et d’autres tâches quotidiennes, ainsi que des activités plus intenses comme le sport. Ces résultats ont permis aux chercheurs de produire des scores qui classaient l’AP de chaque individu sur une base hebdomadaire, qui pourraient ensuite être comparés à la prévalence des symptômes et à la gravité de la maladie.
Les chercheurs ont constaté que les participants avec une plus grande PA étaient à un risque plus faible de gravité modérée du COVID-19, ce qui a confirmé l’hypothèse initiale du groupe. De plus, un niveau plus élevé d’AP était également associé à une diminution du risque de fatigue, de toux sèche et de douleurs thoraciques, qui sont parmi les symptômes les plus fréquemment signalés chez les patients testés positivement pour COVID-19.
Cette étude fournit des preuves que l’AP est un facteur de risque modifiable pour la gravité du COVID-19, y compris les maladies modérées. Nos découvertes proposent que s’engager dans le PA régulier peut être l’une des actions principales que les individus peuvent prendre pour réduire au minimum des conséquences défavorables de COVID-19.
Dr Guy Fagherazzi, directeur du département de santé de précision et chercheur principal de Predi-COVID.
Ces résultats aident à souligner qu’en tant qu’individus, nous pouvons avoir plus de pouvoir que nous ne le pensons lorsqu’il s’agit de nous protéger contre les maladies infectieuses telles que la COVID-19. C’est le travail de nouvelles initiatives comme Predi-COVID de continuer à découvrir ces informations afin que le public et les professionnels de la santé puissent travailler ensemble pour faire de la vie avec COVID une réalité plus acceptable.
L’étude a été publiée le 29 avril 2022 dans BMJ Open, une revue en libre accès à comité de lecture dédiée à la recherche médicale de toutes les disciplines et domaines thérapeutiques, sous le titre complet « Associations entre l’activité physique avant l’infection et la gravité et les symptômes de la maladie COVID-19 : résultats de l’étude de cohorte prospective Predi-COVID » (DOI : 10.1136/bmjopen-2021-057863).
Le succès de Predi-COVID a annoncé la création de CoVaLux (COVID-19, Vaccination & conséquences sanitaires à long terme du COVID-19 au Luxembourg), qui reprend là où son prédécesseur s’était arrêté. Coordonnée par Research Luxembourg, la collaboration tourne désormais son attention vers l’efficacité des vaccins et les implications à plus long terme de la maladie sur la santé alors que nous cherchons enfin à devancer la pandémie.
Financements et collaborations
L’étude Predi-COVID est soutenue par le Fonds National de la Recherche du Luxembourg (FNR) (Predi-COVID, numéro de subvention 14716273), la Fondation André Losch et par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER, convention 2018-04-026-21).

















