Les chercheurs du Moffitt Cancer Center ont développé un nouveau système basé sur des biomatériaux qui induit la formation de structures de type lymphoïde tertiaire, ou TLS. Ces groupes de cellules immunitaires sont de plus en plus liés à l’amélioration des résultats et des réponses au traitement du cancer. Les résultats de leur étude ont été publiés dans les Actes de la National Academy of Sciences.
Les TLS sont des structures immunitaires spécialisées qui se forment parfois au sein des tumeurs, aidant le système immunitaire à reconnaître et à attaquer les cellules cancéreuses. Cependant, de nombreuses tumeurs sont dépourvues de ces structures, ce qui peut limiter l’efficacité de l’immunothérapie. Comprendre la forme et le fonctionnement des TLS s'avère difficile, car les modèles de laboratoire traditionnels ne peuvent pas facilement les reproduire.
En utilisant une approche innovante, les chercheurs ont créé un hydrogel biodégradable et injectable qui libère lentement des molécules de signalisation immunitaire, notamment des chimiokines et des cytokines, sous la peau. Ces signaux attirent les cellules immunitaires clés telles que les lymphocytes T et les lymphocytes B vers le site d’injection, où elles s’auto-organisent en structures de type TLS. Lorsqu’ils ont été testés sur des souris, ces groupes immunitaires induits ont soutenu l’activation des cellules T ciblant les tumeurs et ont ralenti la croissance tumorale.
Questions et réponses avec Rana Falahat, Ph.D., auteur principal et chercheur scientifique au programme d'immuno-oncologie de Moffitt.
Pourquoi les TLS constituent-ils actuellement un objectif si important en immunologie du cancer ?
Il est de plus en plus démontré que la présence de TLS est associée à de meilleurs résultats pour les patients et à de meilleures réponses aux immunothérapies, ce qui en fait aujourd’hui un objectif clé de la recherche en immunologie du cancer.
Quels défis existent lors de l’étude des TLS en laboratoire, et comment votre modèle aide-t-il à surmonter ces défis ?
Les origines et les fonctions des TLS dans l’immunité antitumorale restent mal comprises, principalement en raison du manque de modèles de souris appropriés. Dans cette étude, nous avons développé un système basé sur des biomatériaux qui induit des structures de type TLS de manière contrôlée, qui peut être utilisé à la fois comme modèles précliniques pour étudier la façon dont les TLS se forment et fonctionnent dans les tumeurs et comme plates-formes pour explorer de nouvelles stratégies thérapeutiques qui exploitent ces structures pour renforcer l'immunité antitumorale.
Pouvez-vous expliquer, en termes simples, comment fonctionne votre système de biomatériaux ?
Nous avons conçu des matériaux biodégradables qui libèrent des molécules de signalisation immunitaire, telles que des chimiokines et des cytokines, après avoir été injectées sous la peau. Ces signaux attirent les cellules immunitaires, comme les lymphocytes T et les lymphocytes B, vers le site, où elles commencent à s'organiser en structures qui ressemblent aux TLS trouvés dans les tumeurs, nous permettant d'étudier comment ces structures se forment et fonctionnent.
Comment cette recherche pourrait-elle éventuellement bénéficier aux patients atteints de cancer, en particulier à ceux dont les tumeurs sont dépourvues de TLS ?
Les tumeurs sans TLS résistent souvent à l’immunothérapie. En apprenant comment déclencher la formation de TLS, nous espérons aider le système immunitaire à mieux reconnaître et attaquer ces tumeurs, améliorant ainsi les options de traitement pour les patients qui ont actuellement des réponses limitées aux immunothérapies.
Cette étude a été financée par le National Cancer Institute (P30-CA076292, P50-CA168536), le Fonds CJG, le Fonds Chris Sullivan, la Fondation V, la Fondation de recherche médicale Dr Miriam et Sheldon G. Adelson et la Fondation de recherche sur le mélanome.

























