Un article de synthèse publié dans la revue Épidémiologie décrit l'impact de la consommation de cannabis sur la santé mentale des jeunes australiens et américains.
Étude : La consommation de cannabis et son impact sur la santé mentale des jeunes en Australie et aux États-Unis : une revue de la portée. Crédit d'image : hikrcn/Shutterstock
Sommaire
Arrière-plan
Le cannabis est utilisé depuis un siècle à des fins médicales, spirituelles et récréatives. Sa popularité augmente parmi les jeunes du monde entier, reflétant une prévalence mondiale de 2,8 %.
La prévalence estimée de la consommation de cannabis chez les jeunes aux États-Unis est de 7,1 %, ce qui en fait la deuxième substance la plus consommée après l'alcool. En Australie, la prévalence de la consommation de cannabis est d'environ 34 % chez les jeunes âgés de 14 ans et plus.
La consommation de cannabis augmente à l’échelle mondiale en raison de la perception générale de son caractère inoffensif et de l’absence de dépendance. Cependant, de nombreuses preuves indiquent l’impact négatif sur la santé d’une consommation fréquente et à long terme de cannabis.
Le composé psychoactif 9 delta-tétrahydrocannabinol (THC) présent dans le cannabis est principalement responsable des effets néfastes sur la santé mentale des consommateurs. Le cannabis contient également certains composés bioactifs bénéfiques, notamment le cannabichromène (CBC), connu pour ses propriétés analgésiques, neuroprotectrices et anti-inflammatoires.
Dans cette revue, les auteurs ont analysé en profondeur les preuves existantes sur l'impact de la consommation de cannabis sur la santé mentale des jeunes australiens et américains.
La nature de la légalisation du cannabis est similaire dans ces pays. L’usage récréatif et médical du cannabis est déjà légal dans de nombreux États, et d’autres sont en train de le légaliser. En raison de ces facteurs, ces deux pays présentent un contexte unique pour étudier l’impact de la consommation de cannabis sur la santé mentale.
Étudier le design
Les auteurs ont effectué des recherches dans diverses bases de données électroniques pour sélectionner des études humaines pertinentes sur l'impact de la consommation de cannabis sur la santé mentale chez les jeunes populations d'Australie et des États-Unis. Ils comprenaient des articles de revues évaluées par des pairs et publiés en anglais, notamment des revues systématiques, des méta-analyses et des études de cohorte, longitudinales et transversales.
Au total, 24 études ont été sélectionnées et analysées dans la revue, qui comprenait trois revues systématiques et méta-analyses, sept études de cohorte, sept études longitudinales et sept études transversales. Parmi ces études, trois ont été menées en Australie et 21 aux États-Unis.
Observations importantes
Les études sélectionnées dans la revue ont souligné l'impact négatif de la consommation de cannabis sur divers problèmes de santé mentale, notamment la dépression, l'anxiété, le risque suicidaire, la psychose, la dépendance au cannabis et d'autres troubles mentaux.
Dépression et anxiété
L'analyse a révélé que la consommation de cannabis augmente considérablement le risque de dépression chez les jeunes âgés de 12 à 32 ans. Le risque était comparativement plus élevé chez les femmes afro-américaines et celles appartenant à des groupes LGBTQI.
Une tendance à l’augmentation de la consommation de cannabis de l’adolescence à l’âge adulte a été observée dans certaines études. Cependant, aucune association concluante entre l’âge de consommation de cannabis et le développement de la dépression n’a été trouvée.
Concernant le risque d’anxiété, les études ont produit des résultats mitigés, certaines montrant un risque significativement plus élevé de développement d’anxiété dû à la consommation de cannabis et d’autres montrant l’absence d’une telle association.
Risque suicidaire
L’analyse a révélé que la consommation de cannabis peut augmenter le risque d’idées suicidaires, de pensées suicidaires et de projets suicidaires chez les adolescents. Une association entre les troubles liés à la consommation de cannabis au cours de l’année écoulée, la consommation quotidienne et la consommation non quotidienne de cannabis a également été observée avec des taux plus élevés d’idées, de projets et de tentatives suicidaires chez les jeunes.
L’augmentation des risques suicidaires liés à la consommation de cannabis était plus significative chez les jeunes avec ou sans trouble lié à la consommation de cannabis. Cependant, les femelles ont montré une plus grande sensibilité que les mâles.
Psychose
Une association directe entre la fréquence de consommation de cannabis et les troubles liés à la consommation de cannabis et le risque de psychose a été observée chez les jeunes, les femmes présentant une prévalence plus élevée que les hommes.
Les jeunes qui consommaient du cannabis plus fréquemment présentaient un risque plus élevé de développer des symptômes psychotiques, tels que des hallucinations et la paranoïa.
Troubles liés à la consommation de cannabis et dépendance
L’intensité de la consommation de cannabis a montré une association directe avec les troubles liés à la consommation de cannabis, les utilisateurs récents présentant un risque plus élevé que les non-utilisateurs. Une susceptibilité plus élevée à développer une consommation d’alcool et d’opioïdes a été observée chez les adolescents souffrant de troubles liés à la consommation de cannabis.
En ce qui concerne les différentes formes de cannabis, les données probantes indiquent que le risque de troubles liés à la consommation de cannabis, d’abus et de dépendance est plus élevé pour la consommation brutale, suivie par la consommation double de cigares et de cigarettes bluntes, et par la consommation non violente de marijuana.
Importance de l’étude
Cet article de synthèse souligne que la consommation de cannabis chez les jeunes est associée au risque de développer une dépression, une psychose, des tendances suicidaires, des troubles liés à la consommation de cannabis, une dépendance, des troubles cognitifs et des comportements d'extériorisation, en particulier un trouble d'hyperactivité avec déficit de l'attention.
Le risque de développer des problèmes de santé mentale est associé à la fréquence, à la durée, à l’intensité et aux types de consommation de cannabis. Les facteurs qui peuvent augmenter considérablement le risque de problèmes de santé mentale comprennent le sexe féminin, les minorités, les jeunes LGBTQI, afro-américains, aborigènes et insulaires du détroit de Torres, ainsi que l'âge de début de la consommation de cannabis.
Dans l’ensemble, les résultats soulignent la nécessité de sensibiliser davantage les jeunes aux effets négatifs de la consommation de cannabis sur la santé mentale.
















