Une nouvelle étude multinationale a révélé que la forme du cœur est influencée en partie par la génétique et peut aider à prédire le risque de maladies cardiovasculaires.
Des chercheurs de l'Université Queen Mary de Londres, du King's College de Londres, de l'Université de Saragosse et de l'University College de Londres, ainsi que du Complexo Hospitalario Universitario A Coruña, sont les premiers à examiner la base génétique des ventricules gauche et droit du cœur à l'aide d'une imagerie 3D avancée et d'un apprentissage automatique.
Les recherches antérieures se sont principalement concentrées sur la taille et le volume du cœur ainsi que sur des cavités spécifiques. En étudiant les deux ventricules ensemble, l’équipe a pu capturer les aspects multidimensionnels les plus complexes de la forme du cœur.
Cette nouvelle approche d’exploration de la forme a conduit à la découverte de nouveaux gènes associés au cœur et a permis de mieux comprendre les voies biologiques reliant la forme du cœur aux maladies cardiovasculaires.
Les maladies cardiovasculaires comptent parmi les principales causes de décès au Royaume-Uni et dans le monde. Les résultats de cette étude pourraient changer la façon dont le risque de maladie cardiaque est évalué. Les informations génétiques liées à la forme du cœur peuvent fournir un score de risque de maladie cardiaque, offrant ainsi une évaluation potentiellement précoce et plus adaptée en milieu clinique.
Cette étude fournit de nouvelles informations sur la façon dont nous envisageons le risque de maladie cardiaque. Nous savons depuis longtemps que la taille et le volume du cœur sont importants, mais en examinant sa forme, nous découvrons de nouvelles informations sur les risques génétiques. Cette découverte pourrait fournir aux cliniciens des outils supplémentaires précieux pour prédire la maladie plus tôt et avec plus de précision.
Patricia B. Munroe, professeur de médecine moléculaire à Queen Mary et co-auteur de l'étude
L’équipe a utilisé des images IRM cardiovasculaires de plus de 40 000 individus de la UK Biobank, une base de données biomédicale à grande échelle et une ressource de recherche contenant des informations génétiques et sanitaires provenant d’un demi-million de participants britanniques, pour créer des modèles 3D des ventricules. Grâce à une analyse statistique, ils ont identifié 11 dimensions de forme qui décrivent les principales variations de la forme du cœur.
Une analyse génétique ultérieure a révélé 45 zones spécifiques du génome humain liées à différentes formes de cœur. Quatorze de ces zones n’étaient pas connues auparavant pour influencer les caractéristiques cardiaques.
« Cette étude pose une base importante pour l'exploration de la génétique dans les deux ventricules », a déclaré le Dr Richard Burns, généticien statistique à Queen Mary. « L'étude confirme que la forme cardiaque combinée est influencée par la génétique et démontre l'utilité de l'analyse de la forme cardiaque dans les deux ventricules pour prédire le risque individuel de maladies cardiométaboliques parallèlement aux mesures cliniques établies. »
Cette recherche marque un nouveau chapitre passionnant dans la compréhension de l’influence de la génétique sur le cœur et ouvre la porte à d’autres études sur la manière dont ces résultats pourraient être intégrés dans la pratique clinique, bénéficiant à terme à des millions de personnes à risque de maladie cardiaque.























