Dans une étude récente publiée dans Rapports scientifiquesdes chercheurs ont étudié l’association entre les fibres alimentaires et le risque de polyarthrite rhumatoïde (PR).
Sommaire
Arrière-plan
La PR est un trouble inflammatoire répandu qui endommage les articulations et entraîne une déficience fonctionnelle. La prévalence mondiale de la PR a augmenté de 8,2 % par an depuis 1990, soulignant la nécessité d’améliorer les stratégies de diagnostic et de prévention. Bien que l’étiologie de la PR reste complexe et moins bien définie, des études suggèrent que des facteurs alimentaires pourraient potentiellement contribuer au développement de la PR.
Des rapports suggèrent que les fibres alimentaires pourraient avoir des effets thérapeutiques contre les troubles inflammatoires. Divers avantages d’une consommation plus élevée de fibres ont été rapportés, notamment une réduction de l’inflammation systémique chez les sujets atteints de PR. L’inflammation est un facteur crucial dans le développement de la PR, et l’indice d’inflammation alimentaire (DII) est un outil essentiel pour évaluer le potentiel inflammatoire global d’un régime.
À propos de l’étude
La présente étude a examiné les associations entre la consommation de fibres alimentaires et le risque de PR. L’équipe a utilisé les données de l’enquête nationale sur la santé et la nutrition (NHANES) menée aux États-Unis entre 2011 et 2020. L’enquête, représentative de la population américaine non institutionnalisée, a été menée par le Centre national des statistiques de la santé.
Les participants présentant un apport énergétique extrême, des données manquantes (covariables et apport alimentaire) et ceux sans données sur la PR ont été exclus. Un nutritionniste a mené deux séances de rappel alimentaire de 24 heures : une séance en personne et une séance téléphonique dans un délai de 3 à 10 jours. L’apport moyen en fibres a été estimé et les sources de fibres alimentaires comprenaient les fruits, les légumes et les céréales.
Un questionnaire a été administré pour étudier le statut d’arthrite ou de PR des participants. De plus, l’équipe a estimé le score DII en évaluant les marqueurs alimentaires. Les covariables étaient l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle (IMC), la race, le statut ménopausique, l’apport énergétique, le statut alcoolique, le tabagisme, l’éducation, le tour de taille, le ratio revenu familial/pauvreté et l’activité physique.
Les données démographiques ont été stratifiées selon le statut de PR et évaluées à l’aide de tests t et chi carré. Des méthodes de régression logistique ont été appliquées pour explorer l’association entre l’apport en fibres, les marqueurs inflammatoires et la prévalence de la PR. Le rôle intermédiaire du DII dans la relation entre l’apparition de la PR et l’apport en fibres a été examiné.
Résultats
Sur les 32 451 répondants à la NHANES entre 2011 et 2020, 15 114 sujets ont été retenus pour analyse, selon des critères d’exclusion. L’âge moyen des participants au moment de l’évaluation était de 46,37 ans et environ 7 % souffraient de PR. L’apport total moyen en fibres était de 15,37 g/jour chez les sujets atteints de PR et de 17,12 g/jour chez ceux sans PR. Les personnes atteintes de PR étaient majoritairement des femmes, plus âgées et avaient un IMC plus élevé et un niveau d’éducation et de revenus inférieurs à ceux des sujets non atteints de PR.
Les participants atteints de PR étaient également plus susceptibles de fumer, de consommer de l’alcool et moins susceptibles de pratiquer une activité physique. L’équipe a observé une association inverse entre l’apport total en fibres et l’émergence de la PR. De plus, l’apport en fibres a été stratifié en tertiles dans une analyse de sensibilité. Cela a révélé que les individus appartenant au tertile le plus élevé (en termes d’apport en fibres) présentaient une diminution d’un quart de la prévalence de la PR par rapport à ceux du tertile le plus bas.
De plus, parmi les sources de fibres alimentaires, la consommation de fibres céréalières présentait une corrélation inverse significative avec la PR, qui était plus prononcée dans une analyse de sensibilité. En revanche, l’association des fibres de fruits et légumes avec la PR n’a pas été concluante. Les chercheurs ont noté que l’apport total en fibres était significativement inversement lié au DII et à la protéine C-réactive à haute sensibilité.
Une tendance similaire a été observée pour la consommation de fibres végétales ou céréalières. Une corrélation positive a été observée entre la prévalence du DII et de la PR, indiquant une augmentation de 26 % de la prévalence de la PR avec une augmentation d’une unité du DII. Les données suggèrent un rôle médiateur du DII dans l’association entre l’apport en fibres (36,12 % pour l’apport total en fibres et 40,35 % pour l’apport en fibres céréalières) et l’incidence de la PR.
Conclusions
Les résultats ont révélé une corrélation entre un apport sous-optimal en fibres et une prévalence plus élevée de PR. DII a été identifié comme un intermédiaire essentiel dans cette association. Bien que le DII fournisse une évaluation complète du potentiel inflammatoire d’un régime, il convient de noter que plusieurs composants alimentaires peuvent avoir un impact sur le DII. De plus, l’approche de rappel alimentaire présente des limites, telles qu’une mauvaise précision et une sur ou sous-déclaration.
















