Dans une étude récente publiée dans Communications Medicine, des chercheurs ont examiné l’impact de la pandémie de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) sur l’incidence du faible poids à la naissance (FPN) en Inde.
Étude: Effets de la pandémie de COVID-19 sur le faible poids à la naissance dans une étude nationale en IndeCrédit photo : Zetar Infinity/Shutterstock.com
Sommaire
Introduction
La pandémie de COVID-19 a eu de graves répercussions sur les services essentiels de santé maternelle et néonatale dans le monde entier, entraînant une baisse des accouchements en établissement et une augmentation des accouchements à domicile.
À l’échelle mondiale, un nouveau-né sur quatre présente un faible poids à la naissance, et 95 % de ces naissances surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Les nourrissons présentant un faible poids à la naissance sont susceptibles de présenter des retards de développement, des problèmes de comportement et des troubles cognitifs.
À propos de l'étude
Dans la présente étude, les chercheurs ont évalué si les résultats des naissances ont été affectés pendant la pandémie de COVID-19 en Inde. Ils ont utilisé les données de l'enquête nationale indienne sur la santé de la famille entre 2019 et 2021.
L'échantillon comprenait près de 636 700 ménages de tous les districts du pays. La première phase de l'enquête a été menée du 17 juin 2019 au 30 janvier 2020.
La deuxième phase a été menée entre le 2 janvier 2020 et le 30 avril 2021. Les principaux critères de jugement étaient le poids à la naissance et le poids à la naissance.
Les enfants nés en avril 2020 ou après ont été inclus dans la cohorte pandémique, et ceux nés avant 2020 ont constitué la cohorte pré-pandémique. Les naissances entre janvier et mars 2020 ont été exclues de l'analyse principale.
Les données sur la grossesse étaient disponibles pour 232 920 enfants. Les enfants dont les données sur le poids à la naissance manquaient ont été exclus. Des modèles linéaires et logistiques multivariés ont évalué respectivement le poids à la naissance et le faible poids à la naissance. Les probabilités de faible poids à la naissance ont été comparées entre les périodes pandémique et pré-pandémique.
Les analyses ont été ajustées en fonction du sexe, de l’âge et de l’éducation de la mère, de l’indice de richesse du ménage, de la résidence rurale, de la religion, de la caste et de l’ordre de naissance de l’enfant.
Résultats
L’échantillon analytique comprenait 204 615 enfants ; la plupart des enfants (92 %) sont nés avant la pandémie de COVID-19.
Des différences significatives ont été observées dans le poids à la naissance et la prévalence du faible poids à la naissance entre les deux cohortes. En moyenne, la cohorte pandémique avait un poids à la naissance inférieur de 45 g à celui de la cohorte pré-pandémique. Les risques de faible poids à la naissance étaient plus élevés dans la cohorte pandémique.
Dans la cohorte pandémique, davantage d’enfants étaient issus de zones rurales, de ménages hindous, de castes et de tribus socialement défavorisées et des groupes de richesse les plus pauvres ; leurs mères étaient plus jeunes et avaient plus d’années de scolarité.
Les naissances pendant la pandémie ont été associées à un poids à la naissance inférieur de 11 g ; la religion hindoue, le sexe et la caste ou la tribu répertoriée étaient négativement associés au poids à la naissance.
L’âge maternel, la résidence rurale et le rang de naissance étaient positivement associés au poids à la naissance. Les enfants issus de familles plus aisées et ceux nés de mères instruites avaient un poids à la naissance plus élevé.
La cohorte de la pandémie présentait une probabilité 1,08 fois plus élevée de présenter un faible poids à la naissance. Les enfants nés de mères instruites et de familles plus aisées présentaient une probabilité plus faible de présenter un faible poids à la naissance.
Les enfants nés de mères ayant fait des études primaires avaient des risques légèrement plus élevés de présenter un faible poids à la naissance que ceux nés de mères ayant fait des études secondaires.
Les risques de FPN étaient plus élevés chez les nourrissons issus de castes ou de tribus répertoriées et de ménages non hindous que chez ceux issus d’autres communautés et de ménages hindous.
De plus, l’équipe a évalué les résultats en incluant en série les naissances de janvier à mars 2020 dans la cohorte pré-pandémique.
Les résultats n’étaient pas significativement différents de ceux de l’analyse principale lorsque les enfants nés en janvier et février 2020 étaient inclus. De même, l’inclusion de toutes les naissances de janvier à mars 2020 a produit des résultats cohérents.
Conclusions
En résumé, l’étude a évalué la prévalence du faible poids à la naissance pendant la pandémie de COVID-19 en Inde. Les résultats montrent que le poids à la naissance a diminué de 11 g pendant la pandémie, tandis que l’incidence du faible poids à la naissance a augmenté.
L'étude est limitée par son caractère observationnel, qui empêche toute inférence causale, et par l'absence de données sur le statut d'infection à la COVID-19 des mères. De plus, les données sur le poids à la naissance étaient basées sur les dossiers médicaux ou sur les souvenirs de la mère, ce qui aurait pu entraîner un biais de rappel.
















