La relation causale entre l’arthrose (OA) et le statut en vitamine E reste floue à ce jour. Une récente Rapports scientifiques L'étude explore l'association entre l'arthrose et les niveaux d'α-tocophérol circulants, la principale forme de vitamine E dans le corps, à l'aide d'une analyse de randomisation mendélienne (MR).
Étude: Aucune association causale génétique entre les taux d'alpha-tocophérol circulants et l'arthrose, une analyse de randomisation mendélienne à deux échantillons. Crédit d'image : Emily Frost/Shutterstock.com
Sommaire
Vitamine E et OA
L'arthrose est une maladie articulaire dégénérative progressive principalement associée à la détérioration du cartilage articulaire. En conséquence, l’arthrose peut entraîner une incapacité importante dans l’exécution des activités quotidiennes, réduisant ainsi la qualité de vie des personnes touchées. À ce jour, l’arthroplastie totale reste le seul remède efficace contre l’arthrose.
La vitamine E est un puissant antioxydant et une vitamine liposoluble. De plus, la vitamine E comprend huit formes, dont quatre tocophérols (α, β, γ et δ) et quatre tocotriénols (α, β, γ et δ). Les deux principales formes de vitamine E dans l’organisme comprennent l’α- et le γ-tocophérol.
Dans l’arthrose, le stress oxydatif est un mécanisme clé contribuant à la dégénérescence articulaire. Des études antérieures ont attribué le rôle de la vitamine E dans l'arthrose à ses effets antioxydants et anti-inflammatoires.
Dans un modèle de rat, les cellules souches mésenchymateuses (CSM) de rat ont été protégées du stress oxydatif induit par le peroxyde d'hydrogène par la vitamine E, ce qui a ensuite atténué les symptômes de l'arthrose. Malgré ces observations, l’association de l’arthrose et de la vitamine E dans les études cliniques a été controversée.
À propos de l'étude
L'analyse IRM utilise les variations génétiques pour déterminer la causalité entre l'exposition et les variables de résultat. À cette fin, l’analyse IRM a été utilisée dans la présente étude pour évaluer toute causalité entre les niveaux d’arthrose et d’α-tocophérol.
La cohorte d’étude comprenait 7 781 personnes d’origine européenne issues d’une étude d’association pangénomique (GWAS). Trois polymorphismes mononucléotidiques (SNP), dont rs964184, rs2108622 et rs11057830, fortement associés aux taux d'α-tocophérol en circulation, ont été identifiés. Des facteurs de confusion tels que l’âge, l’état du cancer et le taux de cholestérol ont été pris en compte lors de l’analyse finale.
L'arthrose diagnostiquée cliniquement était la principale variable de résultat et a été identifiée sur la base de preuves d'imagerie ou de recommandations d'arthroplastie articulaire. Un deuxième résultat de l’OA provient de la Biobanque du Royaume-Uni.
Résultats de l'étude
Les résultats de l’analyse IRM n’étayaient pas une relation causale entre l’arthrose et les taux d’α-tocophérol en circulation dans la cohorte de l’étude. Ils ne différaient pas significativement entre les hommes et les femmes. Sur la base de ces résultats, les chercheurs ont conclu que les niveaux d’α-tocophérol pourraient ne pas conduire à des résultats bénéfiques pour atténuer la progression de l’arthrose.
Précédent in vitro des expériences ont rapporté un effet bénéfique des niveaux de vitamine E ou d'α-tocophérol sur l'arthrose. Par ailleurs, des expérimentations animales ont montré l’impact favorable de la vitamine E sur la dégénérescence articulaire.
À titre comparatif, une étude japonaise a rapporté une association négative entre l’arthrose du genou et la vitamine E après contrôle des facteurs de confusion. Compte tenu des données probantes de manière globale, la relation causale entre le statut en vitamine E et l’arthrose reste peu concluante.
Forces et limites
L’un des principaux atouts de la présente étude réside dans l’utilisation de l’analyse IRM, qui réduit l’impact des facteurs de confusion et la causalité inverse de l’utilisation de la variation génétique en attribuant des SNP au hasard lors de la conception. Un autre point fort de l’étude réside dans l’utilisation d’un vaste ensemble de données GWAS pour l’analyse MR.
Deux grands ensembles de données ont confirmé la validité des résultats de l'étude. En outre, les analyses de sous-groupes par sexe ont révélé des résultats similaires et les exercices de sensibilité ont permis de supprimer les SNP.
Une limite notable de la présente étude est l’omission du γ-tocophérol, qui est une autre forme principale de vitamine E dans l’organisme. De plus, seuls trois SNP correspondaient aux niveaux d'α-tocophérol en circulation, ce qui pourrait affecter la détection de la pléiotropie par la régression MR Egger. Par conséquent, les études futures devraient utiliser davantage de variables instrumentales et de données GWAS mises à jour pour vérifier les résultats de l'étude.
Une autre limite concerne l’utilisation d’une analyse IRM linéaire pour évaluer le lien de causalité entre l’arthrose et les taux d’α-tocophérol en circulation. Un effet de seuil peut également être présent pour les α-tocophérols ; par conséquent, une analyse IRM non linéaire devrait être utilisée dans les études futures pour valider ces observations. La généralisabilité des résultats actuels à d’autres populations diverses est également limitée, dans la mesure où la cohorte de l’étude comprenait exclusivement des Européens.
Conclusions
L’analyse IRM n’a pas permis d’identifier une relation causale entre l’arthrose et les taux d’α-tocophérol en circulation. Néanmoins, des analyses IRM supplémentaires basées sur davantage de variables instrumentales et des GWAS mis à jour sont justifiées pour vérifier ces résultats.
























