Une revue systématique et une méta-analyse publiées dans le Microbiologie clinique et infection Journal met en évidence l’effet protecteur de la circoncision masculine sur la prévalence, l’incidence et la clairance de l’infection par le virus du papillome humain (VPH) chez les hommes et leurs partenaires sexuelles féminines.
Étude: Association entre la circoncision masculine et l’infection à papillomavirus humain chez les hommes et les femmes : une revue systématique, une méta-analyse et une méta-régression. Crédit d’image : KTStockphotos/Shutterstock.com
Sommaire
Arrière-plan
Le papillomavirus humain (HPV) est l’infection sexuellement transmissible la plus répandue dans le monde. Alors que les types de VPH à faible risque sont associés aux verrues génitales, les types de VPH à haut risque sont considérés comme des facteurs étiologiques majeurs du cancer du col de l’utérus.
La circoncision masculine est connue pour avoir des effets protecteurs contre de nombreuses infections sexuellement transmissibles et conditions liées à l’activité sexuelle.
De nombreuses études ont établi un lien entre la circoncision masculine et la réduction du risque d’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), l’infection par le virus de l’herpès simplex de type 2, la syphilis, l’ulcère génital, le chancre mou et la candidose.
Dans cette revue systématique, les scientifiques ont fourni un aperçu détaillé de l’association entre la circoncision masculine et le risque d’infection par le VPH chez les hommes et leurs partenaires sexuelles féminines. L’examen examine également si les effets protecteurs de la circoncision varient entre les différents sites péniens.
Étudier le design
Les scientifiques ont effectué des recherches dans diverses bases de données de documentation scientifique et ont inclus des études observationnelles et expérimentales rapportant l’effet de la circoncision masculine sur la prévalence, l’incidence et la clairance de l’infection par le VPH chez les hommes et leurs partenaires sexuelles féminines.
En ce qui concerne les définitions des études, la prévalence fait référence à la présence d’une infection par le VPH à tout moment ; l’incidence fait référence à la présence d’une infection par le VPH absente à un moment antérieur ; et la clairance fait référence à l’absence d’une infection par le VPH déjà présente.
Pour l’évaluation du risque de biais, l’échelle de Newcastle-Ottawa et l’outil de risque de biais Cochrane ont été utilisés pour les études observationnelles et les essais randomisés, respectivement.
Observations importantes
Le criblage initial des bases de données a conduit à l’identification de 1 409 études, dont 32 études, dont 25 populations d’étude uniques, ont finalement été incluses dans la revue systématique et la méta-analyse. Ces études ont été publiées entre 2002 et 2022.
Parmi les études sélectionnées, 17 étaient transversales, dix comparaient deux groupes de manière transversale et cinq étaient des essais cliniques randomisés.
Dans ces études, des échantillons pour la détection et le génotypage de l’infection par le VPH ont été prélevés à différents sites chez les hommes, notamment l’urètre, le prépuce, le gland et/ou la couronne, la diaphyse, le scrotum et la région périanale. Chez les femmes, les échantillons ont été prélevés du col de l’utérus et du vagin.
Prévalence de l’infection au VPH
La prévalence de l’infection par le VPH parmi tous les participants au départ variait de 8,7 % à 69,8 %. 21 études ont rapporté l’association entre la circoncision et la prévalence de l’infection au VPH chez les hommes.
Selon les estimations de l’étude, la circoncision a considérablement réduit le risque d’infections au VPH au niveau du gland et de la diaphyse. L’effet protecteur le plus élevé de la circoncision a été observé au niveau du gland, quels que soient les types viraux (types HPV à faible risque et à haut risque).
Incidence de l’infection au VPH
L’association entre la circoncision et l’incidence de l’infection au VPH chez les hommes a été rapportée par neuf études. Semblable aux résultats de prévalence, la circoncision a considérablement réduit le risque d’infection incidente par le VPH au niveau du gland. Cette association est restée inchangée lorsqu’elle a été stratifiée selon les types de VPH à faible risque et à haut risque.
Élimination de l’infection par le VPH
L’association entre la circoncision et l’élimination de l’infection au VPH chez les hommes a été rapportée par sept études.
Dans ces études, la circoncision a augmenté de manière significative à la fois le taux et le risque d’élimination de l’infection par le VPH au niveau du gland. Cela s’est produit quel que soit le type de VPH (à faible risque ou à haut risque).
Résultats de l’infection au VPH chez les femmes
Au total, six études ont examiné l’association entre la circoncision masculine et les résultats de l’infection au VPH chez les partenaires féminines d’hommes circoncis. Dans ces études, la circoncision a considérablement réduit le risque d’infections à VPH à haut risque prévalentes et le taux d’incidence des infections à VPH à haut risque chez les partenaires féminines.
Une tendance similaire mais non significative a également été signalée pour les infections prévalentes et le taux d’incidence des infections à VPH à faible risque.
Importance
Cette revue systématique et cette méta-analyse indiquent que la circoncision masculine a des effets protecteurs significatifs contre la prévalence, l’incidence et l’élimination des infections au VPH au niveau du gland du pénis.
La circoncision protège également les partenaires féminines des hommes circoncis contre l’infection par le VPH.
Comme mentionné dans l’article, on pense que la circoncision protège contre les infections sexuellement transmissibles en modifiant la kératinisation et l’environnement immunitaire local du pénis.
L’examen systématique actuel suggère que la circoncision masculine pourrait agir comme une intervention préventive potentielle, en particulier dans les régions où les cancers liés au VPH sont très répandus et où la vaccination anti-VPH n’est pas disponible.
