Dans une étude récente publiée dans la revue Rapports scientifiques, les chercheurs comparent si les marqueurs de résistance à l’insuline (IR) basés sur l’insuline et non basés sur l’insuline pourraient prédire le risque de stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD) chez les personnes obèses et non obèses sans antécédents de diabète ou d’hépatite.
Étude: Marqueurs de la résistance à l’insuline associés à la stéatose hépatique non alcoolique dans la population non diabétique. Crédit d’image : Jo Panuwat D/Shutterstock.com
Sommaire
Arrière-plan
Actuellement, la biopsie du foie, qui constitue le test de diagnostic de référence pour la NAFLD non obèse, est invasive, tandis que d’autres méthodes, telles que l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et la tomodensitométrie (TDM), sont coûteuses. Bien que l’imagerie échographique soit relativement peu coûteuse, elle est peu sensible à une stéatose légère et différents médecins interprètent ses résultats différemment. Dans l’ensemble, il existe un manque de méthodes de diagnostic appropriées pour détecter la NAFLD atypique non obèse.
Des études antérieures ont évalué l’association entre les marqueurs IR et le risque de NAFLD ; cependant, la plupart ont généré des résultats incohérents. Néanmoins, les marqueurs IR peuvent aider à la détection précoce de la NAFLD chez les patients non obèses avec une plus grande précision, compte tenu de leur association avec la fibrose hépatique chez les patients NAFLD non diabétiques.
À propos de l’étude
Dans la présente étude, les chercheurs ont recruté 2 148 sujets entre 2021 et 2023 et ont collecté des informations concernant leur sexe, leur âge, ainsi que leurs antécédents médicaux et médicamenteux actuels et passés. Sur la base de l’indice de masse corporelle (IMC) calculé, les participants à l’étude ont été classés comme non obèses ou obèses, avec des valeurs d’IMC inférieures à 25 kg/m.2 et dépassant 25 kg/m2respectivement.
Des échantillons de sang veineux ont été prélevés après que les participants à l’étude aient effectué au moins 10 heures de jeûne. Les niveaux de quatre marqueurs IR non basés sur l’insuline ont été évalués, notamment une évaluation sur modèle homéostatique de l’IR (HOMA-IR), de l’indice triglycéride-glucose (TyG), de l’indice TyG avec IMC (TyG-BMI) et de l’indice triglycéride/high- rapport entre les lipoprotéines de densité et le cholestérol (TG/HDL-c), ainsi que le score métabolique pour l’IR (METS-IR). Les niveaux de ces biomarqueurs ont été comparés pour leur capacité prédictive de la NAFLD obèse et non obèse.
Des modèles de régression logistique ont été utilisés pour évaluer la relation entre les marqueurs IR et le risque de NAFLD. Les valeurs des marqueurs IR ont été classées en quatre quartiles de variables différentes.
Les valeurs de l’aire sous la courbe (AUC) et des caractéristiques de fonctionnement du récepteur (ROC) ont permis aux chercheurs d’évaluer la capacité prédictive des marqueurs IR pour la NAFLD. En revanche, l’odds ratio (OR) et l’intervalle de confiance (IC) à 95 % ont été utilisés pour quantifier la corrélation entre les marqueurs IR et le risque de NAFLD. Le seuil de signification statistique a été fixé à une valeur p inférieure à 0,05.
Résultats de l’étude
Le groupe NAFLD présentait des taux significativement élevés de glucose plasmatique à jeun (FPG), d’acide urique (UA), de TG, d’aminotransférase (AST), d’alanine aminotransférase (ALT) et de gamma-glutamyl transpeptidase (GGT). Notamment, l’IMC des sous-groupes obèses et non obèses du groupe NAFLD était également significativement plus élevé.
Les OR pour les cinq marqueurs IR, notamment HOMA-IR, TyG, TyG-BMI, TG/HDL-c et METS-IR, étaient nettement plus élevés dans le groupe NAFLD que dans le groupe non-NAFLD. Ces niveaux augmentaient souvent avec l’augmentation des niveaux de quartiles dans la cohorte globale de l’étude, ainsi que parmi les sous-groupes obèses et non obèses.
Dans le sous-groupe non obèse, l’ASC du TyG-BMI était la plus élevée, suggérant ainsi que le TyG-BMI a une meilleure valeur prédictive de la NAFLD chez les patients non diabétiques et non obèses. Comparativement, dans le sous-groupe obèse, l’ASC de HOMA-IR était la plus élevée, ce qui indique que HOMA-IR est un meilleur prédicteur de NAFLD chez les sujets obèses non diabétiques. De plus, l’ASC de chaque marqueur IR était supérieure à 0,5 avec des valeurs p inférieures à 0,05, indiquant ainsi des valeurs prédictives statistiquement significatives et spécifiques pour la NAFLD.
Conclusions
Les résultats de l’étude corroborent les rapports antérieurs sur les marqueurs IR associés à un risque accru de NAFLD. Ainsi, l’utilisation des marqueurs IR TyG-BMI et HOMA-IR semble être cliniquement pertinente pour diagnostiquer respectivement la NAFLD non obèse et obèse, car ils étaient associés à de meilleures capacités de détection que les autres marqueurs IR.
Bien que les chercheurs n’aient pas pu clarifier la raison de cette différence, ils supposent que, puisque le TyG-BMI est calculé sur la base de la répartition de la graisse corporelle à l’aide des valeurs FPG, TG et BMI, il a une valeur diagnostique supérieure chez les individus non obèses. Néanmoins, plusieurs études suggèrent également qu’un IMC normal chez les patients non obèses reste un facteur de risque indépendant de NAFLD.
















